Transgendérisme...et solitude du genre.
Ce n'est pas d'hier que je porte des vêtements féminins: à 18 ans je goûtais aux joies du bas et des porte jaretelles sous mes vêtements masculins..."crossdressed" en quelque sorte; le plaisir ne s'est jamais démenti mais il s'est transformé en un profond ressenti "féminin", cérébral, coincidant assez avec cette solitude qui caractérise ma vie la plupart du temps; non pas que je vive seule; je vois du monde; je travaille en liens permanents mais ce "secret" au fond de moi-même m'a "transformé" en quelqu'un de précautioneux (je n'ai fait que deux coming out "partiel" privés jusqu'ici) prudent, méticuleuse, observatrice, à l'écoute...et parfois en souffrance devant tous ces efforts consentis pour se maquiller,s'habiller et constater que le monde ne comprend pas, vous rejette parfois, se moque de vous...et des différences...
Le transgenre se condamne- t-il à une solitude inéluctable? Pas spécialement mais, confronté au rejet-pas toujours-à la marginalisation, les "filles" sont poussées vers des "niches" existentielles où elles restent parfois qu'entre elles, sans fréquenter le monde "hétéro"..."ennemi"?...Ce sentiment...dyxphorie?...existe bien; il n'est pas que lié à une souffrance qui se justifierait uniquement parce que nous sommes enfermées dans le mauvais corps! La souffrance nait quelque part avec les moqueries, les insultes, les rires suivis de mots humiliants, les regards qui changent, rient aussi...et parfois des situations homophobes, transphobes...le départ d'une conjointe, d'un conjoint...à cause de votre pratique-on ne refait pas mille ans d'histoire judéo-chrétienne comme ça-Souffrir, pour moi, signifie que je ne joue plus même si j'éprouve encore un immense plaisir,quelque part fétichiste, en vivant en fille. Il s'agit bien de cette tranformation mentale qui s'est opérée, passant du simple travestissement dit fétichiste au transsexualisme, ressenti autre et source de souffrance quelque part. J'ai besoin, comme une droguée, de revêtir mes habits,les vrais! quotidiennement, et de sortir pour entendre claquer mes talons hauts,sentir ma mini-jupe contre mes cuisses,remettre aux toilettes du rouge à lèvres, m'entendre appeller "Madame"...ou "Mademoiselle"! sinon je souffre...mais ensuite je renais,seule, mais satisfaite, comblée, lumineuse,lègère pour marcher dans la ville, fière et sûre de moi pour quelques temps...mais encore aujourd'hui condamnée à une certaine solitude du genre, TV ou TS,seule avec son secret...

Commentaires