Entre fantasme et réalité
Nadia m'interpelle: "Tu en racontes des conneries sur ton blog ma chérie! Ca va encore faire fantasmer les mecs touts tes "trucs" de "fille libérée"..."fille facile"!...Elle a raison Nadia et comme à l'ère du web on se prendrait facilement au jeu, derrière son petit écran...à confondre fantasmes(1) et réalité surtout dans notre société plutôt phallo à 200%! "Hard sexe" est provoc, comme moi, sciamment: je ne dévoilerai jamais ce que je fais dans ma vie courante même si je parle de lieux que je fréquente; je réserve pour mes ami)es) ma sphère intime, en toute lucidité et en pleine confiance...après un temps consacré à des liens que nous avons tissés ensemble...mais dévoiler sur "Hard sexe" des jeux sexuellement débridés,vous l'avez compris, relève plus du "fantasme" que de la réalité.
Les transgenres sont sollicités, comme le dit justement, Nadia (trans MtF hormonée non opérée) par les deux "genres" que l'on cotoie, dans cette "illusion" d'une sexualité "débridée" ou parfois plus riche (posséder des attributs masculins dans un corps féminin) ce qui est vrai dans ces possibilités de rencontres et d'oscillations successives d'une pratique sexuelle à l'autre: hétérosexualité,bi-sexualité,homosexualité...et ce qui permet d'assouvir d'autres désirs refoulés dans la vie "hétéro" bétonnée. Le préservatif a sa place dans le sac LGBT symbôle de liberté et de pouvoir de décision.
Quand le fantasme n'est pas vécu suite à une approbation réciproque, donc d'un commun accord, sans imposition de l'autre sur soi, par contrainte, la liberté n'a plus sa place ici et elle fait place au dégoût, à la violence (combien de femmes fréquentent les clubs échangistes pour "lui" faire plaisir et se rendent compte ensuite que ça ne correspondait pas à son mental? Trop tard: tu t'es faite "baisée" par un autre...et il a assouvi ses "fantasmes"unilatéralement...et une belle infidélité par la même occasion...sous couvert de la réalisation de "trucs" pour que perdure le couple...)
Je suis toujours gênée quand ces "médecins" ou "psychologues" écrivent des bouquins sur "les fantasmes des filles" et dissèquent les plaisirs féminins anatomiquement (on y trouve toujours des photos où le femme est bien évidemment en position de soumise..."donnant" donc du plaisir) à leur sauce hétéro et phallo...à la place des filles suite à quelques sondages-études "vite fait-bien fait", mais le pire résulte du silence des intéressées! Ici je me demande toujours, avec humour, si ça émanerait d'une "stratégie guerrière" de la "Femme entrée en résistance" (cause toujours tu m'intéresses) chez les "phallos" imbus d'eux-mêmes et sur de tout...Alors on apprend dans ces bouquins ce qu'aiment réaliser "madame"-qui en décide d'ailleurs: elle ou lui?-et le livre finit par ces conseils à prendre quasiment au pied de la lettre: "Nous on pense que...ça on peut le faire...mais c'est déconseillé...". Je crois rêver quand ce sentiment d'être dépossédée de mon corps m'envahit au plus profond de mon être; qu'on décide de mes plaisirs, dans mon intimité...Suis-je encore une personne? A qui appartiens-je? A "eux" (et celles qui se rendent complices de ces jeux de dupes)? Un peu beaucoup...et je suis renvoyé à une codification de "nos" actes amoureux, jusque dans l'intimité, sur l'oreiller, un conditionnement de nos inconscients "bien-pensants", une anti-liberté absolue qui s'immice chez "moi"! Je préfère ne pas "baiser" dans ces conditions(2)...
En tout cas le fantasme repose sur une connaissance parfaite et une confiance des êtres qui partagent ces moments particuliers: si l'un ne le "sent" pas il ne s'agit pas de s'imposer bêtement (ça existe: je me souviens de ce "courrier des lecteurs" où une femme y exprimait ses remords après une expérience échangiste "malheureuse", après coup...On peut comprendre que de se faire pénétrer par un inconnu remue quelque chose en soi...comme de forniquer sous les yeux "d'autrui" ou regarder son "mari" prendre quelqu'un d'autre...)
Transgenre je multiplie les idées de fantasmes-du en partie à mes transformations et à ce sentiment de partager tantôt un état "femelle"(1) et tantôt un état "mâle"(1)-Bien sur qu'en "fille"(genre) qui ressent les sensations "apparentées", les fantasmes "muent"...et migrent dans d'autres zones corporelles que lorsque je vis en homme (genre). Quand l'enveloppe concorde avec le mental je dirais que j'approche d'un "idéal" de sensations éprouvées et que mon cerveau transgenre bouillonne; il bouscule une foule de tabous et de présupposés hétérosexuel, "bien pensants": les trangenres ne restent pas cantonné(e)s à la seule sexualité, imposée...il la complètent, l'annulent, la réécrient, la recodifient, la libèrent, l'enrichissent...source de peur pour ces écrivains codificateurs et réducteurs de "notre" sexualité qui croient pouvoir s'autoriser à dire ce que pensent les femmes...à leur place. Je me suis toujours demandé quel pouvoir les gynécos s'imaginaient avoir!?...Ma sexualité je la construis et je pèse le pour et le contre quand le fantasme s'impose à moi et je jette ces revues et ces livres (bon conseilleur mauvais payeur) dès qu'ils sont parcourus...
Et si on parlait plutôt d'érotisme?
Y a t-il du "hard" dans l'érotisme?...ou l'érotisme a-t-il un rapport avec le"hard"?...sans verser dans la "pornographie"..."simpliste" au possible?... la photo ci-dessous ne serait pas "hard" mais laisse à penser que..."fantasmer" sur...peut être...je pourrais...mais la réside toute la nuance entre érotisme...fantasme...et pornographie...comme de la "qualité" des relations qui ouvrent sur des relations glissant quelquefois vers un côté "hard"...Peut-on verser dans le "hard" sans relation minimale? Faut-il se connaître pour se "donner"? Je réponds aussitôt que je n'adhère pas-plus- au relations coupées de "sens", où l'absence de lien me réduit à l'état de simple"objet" du désir...loin d'un état de confiance qui me rassure...et dans le quel j'accepte de "jouer"! N'aurais-je pas la sensation d'un "viol"?...quelque part?...de ne plus m'apartenir complètement?...même si cette "sensation"...forte... peut se conjuguer avec des jeux-bondage,bdsm-sympatiques...mon hard ne se comprend qu'avec un minimum de respect, de relations sociales établies, d'échanges-dîner au restaurant,conversations au bar,apres_midi shopping...-où "l'érotisme" dominant dégage tout son charme, sa séduction...et construit les fantasmes ...que nous partagerons peut être "ensemble".
J'ai la sensation que le "hard" reste collé à l'idée de pornographie, notion réductrice des rapports "humains" qui montre dans les films les mêmes clichés: un "mec" qui "se fait" une nana, complètement "soumise"...ou un "mec" qui s'en tape un autre pour les gays et apparentés. On s'éloigne de l'univers transgenre...qui propose autre chose...autres sexualités...autres ressentis..."déplacements"/"reconstructions" permanents des genres...Le "hard"...cinématographique répond à des impératifs économiques(?) comme à un "l'intérêt" des hétéros "dominants". Je ne trouve aucun érotisme dans ces images "stéréotypées", aucune notion de relations sociales reposant sur le respect mutuel, mais seulement le constat de l'aliénation d'un genre par l'autre: je ne peux pas me situer ici. Que faire alors de ces moments où l'on se maquille, où l'on se prépare, où l'on essaye des vêtements, où l'on s'observe et où l'on vérifie si l'on nous observe?...Pourquoi se constituer une "nouvelle" garde-robe si sous cette "enveloppe" ne "vit" rien sinon l'excuse à une sexualité mal assouvie...unique fétichisme? En fille naïve et ingénue, je revendique "mon érotisme" qui se construit à l'écart des clichés péjoratifs (confère la page de garde où je parle de "la porte de derrière" sans vilain jeu de mots...car la réside le prélude aux relations intenses...et pourquoi pas une anti-chambre au"hard") où j'essaye de garder le contrôle, le choix,la liberté...
(1) "Terminologie"
(2)...et bien pour m'énerver encore un peu...rien de tel que de rouvrir "Sexe et utopie" de Pat Califia, trans écrivain...qui décortique admirablement le ressenti dans les relations SM (elle, dominatrice): on comprend comment les minorités sont rejetées, stigmatisées...souvent par d'autres minorités qui recherchent l'assimilation par la majorité...hétéro voyons! Le hard authentique entre dans les pratiques "marginales", encore stigmatisées quand il n'est pas récupéré et édulcoré par les hététéros où l'on montre des femmes la plupart du temps soumises aux hommes....
Les transgenres ne sont pas mieux lotis, "sous catégorie"?...cherchant à se "placer" ou à échapper aux classifications (je me demande si je ne parle pas de moi-même ici): mon plaisir comme mon corps m'appartiennent et la liberté liée aux pratiques transgenres reste extraordinaire; nous devons pouvoir choisir hors des sentiers battus, librement, sachant que ça se "paye" et demande des efforts...pour changer les mentalités imprégnées du dyptique homme/femme...éternel vecteur de toutes-une majorité- nos actions!
Vraiment, ce vécu de l'intérieur venant d'une pratiquante-dominatrice-de longue date, simplifie les rapports et les codes qui régissent le SM...et en moi-même, simple "amatrice" soumise "soft" je ne pouvais qu'élaguer les "conneries" que je racontais sur "Hard Sexe" quelque part (merci Nadia). Ces rapports sont encore trop stigmatisés par la "pratique" hétérosexuele majoritaire qui se rince l'oeil ou se "fourvoie" un moment...sans respect(?) pour ceux et celles qui vivent quasiment sous "l'emprise" du SM; je n'en suis pas, mais je respecte ces différences, comprenant, en tant que transgenre, ce que signifie le rejet de votre personne. L'auteur analyse très bien le fonctionnement des différentes communautés liés au sexe et à des pratiques mal acceptées, car non comprises,ou presqu'illégales
Extraits significatifs p 139: "Dominance/soumission, apres tout, c'est une forme de sexualité. Et l'amour rend le sexe,quel qu'il soit, tellement meilleur."...Une bonne scene SM demande les mêmes qualités-confiance, honnêteté, sécurité, prise de risque, créativité, épanouissement personnel, respect mutuel et tendresse-que dans une bonne relation.
page 140: "Nous vivons dans un monde ignorant et négatif sur le plan sexuel. Dès le plus jeune âge on apprend aux femmes qu'elles seront violemment punies et méprisées si elles affirment leur sexualité. Les hommes sont menacés par la perte de leur identité masculine s'il s'éloignent de l'idéal grossier "dedans-dehors".
p 141 sur le SM toujours..."Mais rappellez-vous que l'essence même de cette spécialité sexuelle est le consentement. Si votre partenaire trouve le SM repoussant ou stupide, ne le touchez pas et ne le forcez pas. Cela ne marchera pas et puis ce ne serait pas juste. Il est possible que la séparation soit la seule solution sensée".

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