"Passing shoot"...
Se travestir pour rester chez soi? Que nenni! Je m'impose des efforts même si l'exercice ne m'est pas aisé tous les jours[honnêtement je n'ai pas le temps!] mais je m'impose de ne pas perdre la main!...puisque je suis exigente envers moi-même en approchant de plus que possible de cette "image" féminine tant désirée.
Vérifier un passing s'effectue courageusement en plein jour plutôt que nuit ou la lumière est moins cruelle, comme le regard des gens. J'affectionne quelques villes, grandes et moyennes, où se promener n'attire pas cent regards à la fois tournés sur vous...ou que vous imaginez...car après tout, les gens vont et viennent bien souvent sans prêter attention aux autres et ils vaquent à leurs propres occupations socio-professionnelles pendant que vous vous torturez peut être l'esprit en pensant que..."l'on va me remarquer"..."Je suis mal maquillée"..."J'ai mal choisi mes vêtements"...Le passant a "d'autres chats à fouetter"...Existent bien quelques jeunes "effrontés pour affirmer haut et fort:"Tiens regarde le trav,putain!"...ou un enfant:"Papa!Papa! Le monsieur on dirait une dame!"...quand son père ne voit rien assurément perdu dans ses pensées et tracasseries quotidiennes.
Que ce soit à Grenoble, Lyon,Annecy ou Genève, je reviens toujours chez Zara, exception faite des années ou la tendance ne me branche vraiment pas...mais 2009 me semble un cru sympatique pour les addicts du shopping: jolies couleurs, jolis ensembles, jolies coupes, une note classe et sexy et je retrouve ma marque fétiche, en mec comme en fille; mes escarpins noirs viennent de chez Zara; mes dernières jupes viennent de chez Zara, mes jeans sont griffés Zara, mes cuirs sont estampillés Zara...je pense et me voit bien en Zara cette année 2009 alors que l'année précédente je doutais franchement de l'esprit créatif de la marque...l'ayant volontairement zappée toute une année, boudeuse. Mes magasins préférés sont Genève et Annecy mais je ne rechigne pas à me déplacer sur Lyon.
1) Shopping: activité number one?
La ville moyenne sert de refuge aux apprenties travesties comme aux "expertes"...rien n'étant acquis à moins de passer par la case TS...aboutie...avec opérations esthétiques à la clé, épilation totale au laser , réassignation,remodelage...fesses,hanches,etc...j'en passe...sans oublier de poser la voix. Je possède mes coins favoris, pas trop fréquentés par ces "jeunes" au regard aiguisé et "provoc" et permettant de flaner, s'adonner au shopping sans stress ou commander une boisson en terrasse: Chambéry et Aix-les-Bains par exemple pour les petites et moyennes villes...Lyon et Grenoble pour les grands centres urbains qui offrent la commodité de se fondre dans le mouvement de foule que ce soit dans la rue et dans les magasins comme la Fnac, Monoprix ou les Galeries Lafayettes car les gens vont et viennent continuellement sur un rythme qui laisse peu de temps pour observer [je ne parle pas des dragueurs], occupés que sont les gens à acheter et abasourdis par la musique de fond. Les chances de "passer" dans de telles circonstances sont favorisées:j'ai souvent testé Grenoble comme ville importante, pratique car possédant un parking,Philippeville en plein centre, à deux ou trois rues des magasins, les mêmes enseignes que partout, où je laisse la voiture; je marche, féminine, jetant un coup d'oeil à ma silhouette dans les vitrines nombreuses; j'adopte le "rythme urbain"-j'entends par là une marche assez rapide, qui laisse claquer les talons sur le macadam, petite note très féminine et sexy, je le rappelle-je conserve le regard qui ne croise pas celui des "mecs"[et les autres en général] qui montrerait que vous "doutez"; je porte mon sac à main le plus naturellment possible, au creux du bras ou à bout de bras et je fais de petis pas...comme "elles". Facile à dire...mais Grenoble me permet de passer plutôt bien: je n'ai jamais senti de regards appuyés,doutant, considérant aussi que ces artères sont conçues uniquement pour le shopping et non pour la flanerie. La Fnac me sert de point de chute et souvent je n'y achète qu'un Cd ou un DVD mais j'y flane et guette le regard de "l'autre" du coin de l'oeil. Zara que je ré-affectionne depuis cette nouvelle année , me justifie une ou deux emplettes...ou vide mon porte monnaie.
Je fréquente Lyon depuis quelques années pour le shopping, l'offre en clubs, restaurants et les bars sympas; la ville s'anime, chaude la nuit, je note, coquine quand il le faut. Je mange aux Feuillants, seule ou accompagnée, lieu proche de l'opéra et accueillant sans distinction les transgenres. Je m'amuse chez Tata Mona dans le vieux Lyon, où l'on peut boire un verre en écoutant de la musique au rdc ou descendre au sous-sol découvrir la piste de danse. Libre à soi de se faire draguer, de se trémousser sur la piste de danse, ou de siroter sa menthe à l'eau, dans un lieu qui reçoit hétéros, gays, lesbiennes, tv,ts, si l'occasion se présente. Je m'encanaille soft ou hard au 17(1), club échangiste qui possède ses soirées à thème et accueille bien évidemment les "créatures" d'un autre genre. Endroit sympa sur plusieurs niveau: on note le premier et son plafond transparent, par exemple, le rez et son bar jouxtant la piste de danse et le sous-sol,vaste, aux "cabines" individuelles, sa vaste piste de danse et une salle plus typée SM, BDSM.
Lyon permet de se noyer littérallement dans le "mouvement" mais je trouve que les gens se conduisent avec un peu moins de fair-play; ville étudiante; c'est un lieu où la conduite laisse à désirer; la"faune" semble un peu douteuse le soir; cette mégapole me stresse un peu plus que Grenoble...mais je peux y marcher des heures et me glisser dans une des grandes enseignes commerciale...idem qu'à Grenoble d'ailleurs...les "retours" y sont très variés, allant du compliment aux réactions parfois "agressives". La foule lyonnaise est plus enjouée;est-ce le pourcentage de jeunes qui peuple la ville? La circulation automobile occasionne un stress important qui retombe sur votre comportement: cherchez à vous parker le samedi par exemple sans tourner des heures...et vous comprendrez pourquoi l'agressivité monte d'un cran. La vieille ville est propice à mes balades transgenres et je fréquente Tata Mona de temps à autre le soir [boîte gay, lesbienne et "straight" accueillante] En général, Lyon se montre moins sure que des villes de moyenne importance quand une fille s'y promène seule: vigilance de rigueur.
Quoi de plus logique d'essayer ses affaires; après quelques expériences sur le net j'ai remarqué aussitôt que les habits arrivaient froissés et la qualité n'équivalait pas l'offre en boutique de plusieurs marques; de plus je préfère tester mes futurs vêtements, longuement, en cabine, en fille qui se respecte: normal de passer d'un rayon à l'autre et d'essayer plusieurs tailles. Je possède des chaussures achetés sur le net dont les talons s'affaissent déjà et une jupe qui fait vieillot quelques temps seulement après l'acquisition! A la poubelle.
Kelly s'impose des basiques: un make up perfectioniste, de préférence, quite à prendre du temps pour les retouches au coton tige! Une tenue adaptée,j'entends plutôt sobre même si l'on peut se permettre un zest de sexy dans le choix des vêtements, cherchant l'harmonie des teintes entre les accessoires,les chaussures et les habits portés. Je m'interdis toute extravagance, repensant à mes déboires de 2003/2004 [insultes dans la rue], gardant la touche "provoc" ou avec dress code pour les soirées "branchées" en club. Honnêtement, je réfléchis au moment et au lieu avant d'endosser une tenue compromettante (je ronge souvent mon frein en pensant que mon trench de vinyle reste sur son cintre en journée, mais peu de fille osent arborer un rouge brillant et provoc aux heures de plein shopping, c'est hyper rare; le compromis ne tolère aucun mauvais goût, aucune erreur de maquillage et d'épilation car ce sont des vêtements qui attirent des dizaines de regards par minute!) Honnêtement, ma dernière escapade en discothèque [uniquement réservée aux transgenres] m'a laissé un goût amer en découvrant les extravagances et le mauvais goût vestimentaire de certaines des "filles" présentes sur place...Je ne suis pas prétentieuse mais ces invitations à la "baise" à gogo alcoolisée, genre "filles" lookées...en "mecs déguisés", dans des tissus mal ajustés m'a rebuté et j'évite ce genre de lieux. M'en fous: au moins ai-je peut être franchi une étape dans mon ressenti de fille car je ne cherche plus à satisfaire une pulsion sexuelle coûte que coûte mais juste à me sentir dans la peau d'une femme et qu'on me le dise. N'est ce pas plus merveilleux de recevoir un compliment de la bouche d'un homme respectueux?
2) Opération séduction: question de mental, question de travail?
Finalement...le but d'un bon travestissement est de se fondre au milieu de la "foule"...alors au diable les lieux, si je peux dire, "ciblés" TV et TS, car l'on ne s'en sort plus; de quoi virer parano la fille! Evidemment c'est super d'entrer dans les lieux "branchés" qui acceptent les différences, mais, nettement mieux d'oser mettre ses talons dans les mêmes endroits que tout le monde, sans distinction...d'où cette idée d'une observation fine et d'une recherche permanente...du "personnage" pour approcher la "créature féminine" tant désirée et admirée; quand je dis que j'essaye pendant des heures des fringues et des nuances de maquillage...y a une raison.
Mon plaisir féminin se développe au milieu des autres quand je demande une adresse dans la rue, par exemple, satisfaite du "bonjour mademoiselle" que me donne cette jeune dame que j'interpelle, parfaitement "bluffée" par mon apparence-un but en soi n'est ce pas?-qui repose dis-je sur la prépa mentale autant que physique: en bref, âme et corps concordent...dans cette certitude d'en être "une"...Et quel épanouissement! Je vous accorde que la "magie" n'opère pas toujours, mais un des préalables repose sur cette auto-persuasion de se sentir femme d'un moment.Bon je pousse le "vice" jusqu'à acheter tampons et protège slips en public, hi!hi!, comme ça je clous le bec à "ceux" qui douteraient...mais je cultive ma tendance aux détails et à la méticulosité...Quand on veut on s'en donne les moyens. Marcher avec des talons plus haut que d'habitude demande souplesse-ça vient progressivement-Porter son sac à main comme "elles" exige maintes et maintes observations; je ne ferai pas mentir Badinter Elisabeth (auteur d'ouvrages sur le féminisme) par exemple quand elle affirme que le conditionnement des jeunes filles commence dès le plus jeune âge! Observons donc comment déjà des lycéennes portent en "femme" leur sac au creux du bras, véritable leçon de chose d'un conditionnement de notre société. Voyons donc comment "elles" marchent...avec et sans talon...voyons donc ce qu'elles achètent...écoutons les conversations à la pause déjeûner...comme aux toilettes pour dames...où les transgenres opèrent leur transformation la plupart du temps.
Qui dit mauvais travail dit remarques, hésitations et "renvois" sur autrui qui sèment le doute. Existe aussi la "différence" qui attire les regards car malheureusement beaucoup de filles se vêtent tel la pub-matraquage oblige-sans sortir des sentiers battus; voir soudain une créature qui passent sur un trottoir perchée sur des talons "trop haut" n'est pas très catholique...peut être affublée de bas résille et d'une mini en journée...pas logique tout ça; ici le doute peut s'installer: les plus hardis peuvent lacher un :"on dirait un mec"..."on voit quand même que c'est un mec"...etc...gentiment; rares sont les réactions violentes mais elles existent encore. Je viens de lire un fait divers mettant en cause un groupe de TV et des jeunes: insultes de part et d'autre...dépot de plainte...anecdote parvenue le soir...J'avoue sortir essentiellement de jour et seule et quelquefois en club, le soir, la plupart du temps également seule pour m'y rendre; je reste prudente et méticuleuse dans mes heures déplacements et sur les lieux que je fréquente, adoptant quelques règles de base pour m'éviter des déboires.
3) La fille prudente...basiques jour/basiques nuit/:
Je me souviens de ce gardien de parking de Lyon,charmant d'ailleurs, qui m'avait "surprise" dans ma voiture en train de me maquiller: nous sommes devenus un peu amis et il me donnait des conseils..."Fais attention dans le quartier (opéra 1er arrondissement) y a des "filles" qui se sont faites attaquées!". Je suis toujours ces conseils à mon gardien...
Avec mon sac, en plein de jour, en principe, je ne risque rien;je dis en principe: bon, jusqu'à présent, je garde à l'esprit de le tenir fermement à bout de bras et de changer de côté-passer d'un bras à l'autre-quand le "doute" m'interpelle par exemple, sans verser "parano",bien entendu; le porter en bandouillère s'impose en cas de foule dense où quand "on ne le sent pas", comme de mettre le côté qui s'ouvre vers vous; la bandouillière rassure; je sors souvent pour le shopping-activité principale en fille me concernant-et on y trouve liquidités,carte de paiement et justificatif d'identité...sans parler des clefs,véhicule et habitation; un double des clés du véhicule reste sur moi, dans une poche près du portable...S'ajoutent des basiques question make up, surtout la poudre libre, le rouge à lèvres et le crayon de contour, des batonnets,des mouchoirs en papier,une petite glace grossissante pour les maquillages et les retouches dans des endroits atypiques.
La sortie de nuit, seule ou accompagnée, impose aussi quelques basiques et précautions élémentaires. En gros, je procède selon le lieu, en évaluant les risques si il y a lieu, connaissant l'humeur changeante de la gente humaine, notemment sous l'emprise de l'alcool. Si je ne connais pas la personne qui m'accompagne-première fois-je m'octrois un ou deux garde-fou: dans un sac à main,on ne laisse pas deviner ce qu'il contient et on ne le remplit pas de papiers compromettants; donc, il contient le strict nécessaire, le reste étant fermé dans le véhicule, a savoir nécessaire de maquillage uniquement; le portable se trouve dans le trench ou une poche de blouson et la clef du véhicule dans le soutien gorge...avec le liquide. Mêmes règles dans des lieux inconnus, qui plus est seule, peu éclairés,etc...Après certains enroits sont sécurisés,d'autres à risque...Le mieux? Le sac reste dans l'auto.
4) Mais où Kelly!?
A peu près partout, le jour, je me considère comme "elle", prenant quelques précautions et au feeling: grandes et petites villes, villages, plages, restaurants, clubs, discothèques,bistrots,grandes surfaces,enseignes de vêtements connus,boutiques plus intimes,tea room, centres villes et périphéries...Le choix est vaste pour se faire plaisir et ce plaisir se gagne souvent en journée sous une lumière agressive qui permet beaucoup moins d'erreurs de maquillage! Mais le jeu en vaut la chandelle: constater ses bévues en lumière du jour accélère la progression vers un make up top: je garde toujours le nécessaire dans le sac à main en cas de retouches indispensables. Je garde pour moi quelques lieux fétiches propices à une jouissance égoïste de transgenre qui flatte son égo surdéveloppé, comme cette petite plage-non, je tais le non-que l'on découvre à pieds, en tenant les chaussures à talons dans une main, pour descendre sur un sentier escarpé jusqu'à une crique connue seule des habitants proches et qui se baignent aussi dans une eau limpide; joie transgenre près des "autres"...
Evidemment le "truc" me demande quelques préparations pour obtenir le passing, de jour et en maillot de bain deux pièces. Je n'en suis pas encore,désolée, au prélassement sur le sable de la côte d'azur aux heures de pointe...Concernant les anecdotes croustillantes ou les lieux "chauds"...suivez-donc votre instinct, habillez-vous selon vos désirs et projets...et sans tarder vous verrez des autos ralentir,des compliments fuser, les dragueurs sortir du "bois"; chacun adapte sa tenue vestimentaire à ses désirs...à la porte des baux jours, mais je ne vais pas énumérer les lieux propices aux rencontres,chacune faisant son "marché" selon affinités et hasard; pour Kelly, le but reste avant tout de se sentir bien en fille.
4) Et la fréquence?
Vous l'avez peut être compris: mes obligations ne me permettent pas pour le moment de tenter ce fameux coming out dans une passerelle MtF mais, plutôt de rester dans le compromis acceptable pour moi, TV élaboré, avec des ressentis "femme" intenses et suffisants (l'envie est présente de transiter vers la case hormones féminines mais le parcours du combattant, les compromis et la souffrance intérieure ne m'y poussent pas suffisamment); dans une optique de mieux être, je multiplie les sorties quotidiennes qui m'apportent beaucoup de plaisir, de jour surtout-particuliement: impensable et hors de question de me cacher!-
Mon must 2009?: et bien mes apres midi shopping ou simples lèches vitrines prétexte aux essais de vêtements,accessoires et make up, de jour, vrai laboratoire pour obtenir "en direct" des retours par le biais de commentaires, d'échanges de politesse, de regards (très significatifs, l'oeil féminin observe et jalouse ses pairs); seul le regard extérieur apporte un jugement de valeur et souvent un simple coup d'oeil,sans nécessité de verbaliser,vous signale une "erreur" ou donne des informations analysables dans votre petite tête de transgenre en devenir permanent...et oui! car "nous vivons" un état qui mue en permanence,en constante évolution...comme les modes d'ailleurs: être fille relève du ressenti intérieur et de l'image que l'on a de soi, "mobile" en permanence; conforter mon image passe par des tests,des essais...pour accéder à mon "personnage féminin".
Bon allez: mes basiques sorties...exemple de Genève(4)...16h30! Déjà!? Kelly se mobilise: fait beau; les gens flanent,musardent et s'adonnent au shopping. Aujourd'huui, pas de boutique pour moi; je repère seulement,prévoyante,à l'affut des petites enseignes et je reviendrai me payer le t-shirt, création unique,ou les chaussures repérées dans ce petit magasin près du théâtre...Sous le soleil de début mai une "balade" s'impose pour tester mes nouveaux vêtements achetés la veille et l'avant veille-elle flamble la fille!-puis ça ne fait pas de mal de trottiner longuement maintenant que je possède mes petites ballerines sans talon: j'y prends goût je crois; ma démarche deviendrait féline! Comme quoi les clichés-filles sensuelles en hauts talons ont la vie dure-
16h45: mes affaires sont prêtes; je suis épilées,rasées, crème de jour hydratante appliqué sue le visage et le décolleté et base liftante par dessus; j'ai pré-enfilé mes dessous, mon short en jean acheté donc récemment, mon collant résille noir sans pied; j'ai opté pour un ensemble soutien gorge et slip bleus clair à pois blancs; le haut sera une jolie tunique trouvé chez Zara Genève, noire et blance, très lègère,presque transparante; mes ballerines noires avec des petits lacets par-dessus font très bien l'affaire puisque je compte arpenter la vieille ville.
17h00: me voici rendue à ma base..."top secret"...allez,près de Rive, en centre ville et je parfais mon maquillage; juste le fond de teint,la poudre libre;un soupçon de poudre bronzante minérale; le mascara allongeant noir suivi d'un trait au crayon noir sur les paupières et ce petit trait qui étire l'oeil de chaque côté à leur extrémité: bluffant.Mon crayon à lèvre plutôt discrat et la touche de gloss rosé habillent mes lèvres aujourd'hui.Je porte une veste classique noire comme mes ballerines et j'ai verni mes ongles entre le rouge et le rose; le pieds sont peints mais ils ne se verront pas cet après midi,renonçant aux talons hauts pour quelques heures. Bon,puisque je suis dans le quartier,un détour par Evidence s'impose: j'aime flaner et faire quelques emplettes dans cette boutique car ils présentent des articles uniques,des créations italiennes (Dieu sait que j'affectionne la mode et les chaussures transalpines aux choix impensables chez nous!) Je me contenterai d'acheter un sac très "fashion", élégant pas si onéreux,d'un bracelet rose et argent et du collier associé dans les mêmes teintes.
17h45/18h00! Comme je frise la perfection ( cool), du moins je m'y applique,il est temps de me mettre en route vers la vieille ville, passant par le bout des rues basses,très animées et commerçantes; je marche bien mieux et plus vite qu'avec mes talons:mes pieds se reposent!
18h15: petite halte chez Papon,café restaurant de la vieille ville, bien exposé au soleil de début mai; Kelly prend place; le serveur professionnel s'enquiert:"Bonjour madame"..."Un thé citron s'il vous plait". Good passing Kelly: je me sens bien dans ma peau,à l'aise et fière de me sentir femme pour quelques heures.3 francs soixante mon thé...même pas cher pour la qualité du service; je sirote sereine dans ce lieu sophistiqué, à la terrasse, sous une petite chaleur printanière bien agréable.Je mange le petit biscuit qui accompagne ma boisson du bout des doigts, sans trop enlever de rouge à lèvres, je croise les jambes et je laisse mon sac Guess sur mes genoux.Je fais un peu joujou avec les deux demi-tranches de citron qui flottent dans mon thé et je regarde les gens passer...Tiens: monsieur ne rechigne pas à "mater" comme sa copine le suit à deux pas derrière, manquant de trébucher.Je vois bien ce zest de jalousie pointer dans son regard et elle s'empresse de rejoindre son homme.
18h40: bon, je paye et m'enquiert des lavabos pour dames;un des avantages de Genève repose sur une propreté méticuleuse de ses toilettes, même si le soir, dans les lieux publics, les toxicos et autres faune les fréquentent;Papon,ici, me semble le nec plus ultra d'une qualité agréable de toilettes: papiers,savon à gogo,serviettes jetables, grande glace pour se maquiller tranquillement, portes automatiques...que demandent les filles ici! Ca change un peu de mes souvenirs parisiens parfois décevants...Bien: petit tour donc aux cabinet pour un petit pipi; je réajuste mon protège slip convenablement et je sors un tampax de mon sac; en fille qui se respecte...j'ai mes règles et je glisse doucement dans mon petit trous le tampon absorbeur, délicatement, jusqu'à le sentir me pénétrer lentement,prenant soin de laisser ressortir la petite ficelle, bien sur.Je remonte doucement mon slip et je réajuste le collant résille; je remets mon short et le tour est joué; une fille attend de l'autre côté" de la porte.
18h55: j'ouvre la porte; on se croise et je l'entends uriner derrière la porte comme j'entreprends de me remettre un peu de rouge sur les lèvres après avoir bu le thé; j'opère délicatement et je sens la fille qui fait de même,rapidement,avant de filer pressée. Je finis ma tâche et je sors, direction les rues basses pour flaner un peu devant les vitrines.
19h00: devant une boutique de la vieille ville en descendant, un latino m'aborde:"Mademoselle...blablabla"...Je ne comprends rien à ce qu'il dit: de toute façon, la musique et l'alcool-ils fêtent quelque chose dans ce magasin?-m'en fous; je tourne les talons et je redescends tranquillement, m'arrêtant devant les enseignes de vieux livres et d'encadrements et les antiquaires.Faut toujours que les mecs se la donnent dès qu'ils aperçoivent une fille blonde en short...et je ne marchais même pas en talons!
19h20: rue de la madeleine, je m'arrêtes toujours devant la vitrine d'"Agent Provocateur"; ils possèdent de la lingerie sophistiquée! la plus "folle" que je connaisse!Nous sommes loin de CetA. Sexy en diable! des couleurs...mais va falloir que j'ouvre encore le porte monnaie; super! la boutique est fermé depuis une demie heure mais je ne sais pas pourquoi j'affectionne la rue de la madeleine; zut; 175 francs le soutien gorge; autant le slip; porte jaretelle de belle qualité...Kelly tu n'y couperas pas,je le sens.Mais quelle qualité! Cinquante mètre plus loin,je repère une autre enseigne qui fabrique des t-shirts uniques: 195 francs: prépare ton argent ma belle: quand on aime on ne compte pas.
19h45:les commerces sont tous fermés; il est temps de rentrer; j'ai repéré mon enseigne pour les chaussures près du théâtre de Genève; Agent provocateur m'empêchera de dormir ce soir et cette boutique aux t-shirt très "classe" me verra bientôt, c'est sur! Je n'ai pas trop mal aux pieds ce soir même si je marche dans du quarante et je me sens bien dans mes...ballerines. Genève se prête aux découvertes et la ville reste sure et très propre; pas de réaction comme à Lyon de jeunes mal élevés ou provocateurs: nous sommes en pays respectueux et "civilisé"; transgenre, j'aprécie..
Genève,bis et repetita:quand on aime on ne compte pas...et j'aprécie la ville et ses petites ruelles de la vieille cité où se cachent quelques cafés restaurants propices aux pauses gourmandises, occasion aussi de feuilleter sa dernière revue fille au bord d'une table en sirotant son thé citron.
15h30: quasiment prête je quitte mon domicile,direction ma base de "maquillage" en périphérie de Genève, histoire de fignoler devant une glace immense mon make up. Cet après midi je me soigne particulièrement,soleil estival oblige! J'ai appliqué sur mes jambes de la crème halée, sans auto-bronzant, ainsi que sur les bras et le décolleté: effet vacances garanti! Ce soir une douche otera ce teint facilement et je masserai mes jambes avec une bonne crème hydratante.Huuum! J'ai opté pour une poudre sur fond de teint terra nova halée comme bras et jambes et le contraste avec mon sarouel blanc, acheté la veille chez Zara, donne le plus bel effet avec les escarpins noirs.
16h00: déjà? Je suis prête,blouson Zara beige sur le dos, sac à main de chez Evidence, acheté à Rive, bracelet et collier de la même enseigne,je me trouve belle aujourd'hui et sure de moi pour arpenter les rues de la ville. Mon sac à main plus grand contient des trésors et tout le nécessaire pour se refaire une beauté; le dernier numéro d'Edelweiss,revue féminine dépasse légèrement: je le feuilleterai tranquillement tout à l'heure.
16h15: direction le distributeur de monnaie avant de gagner la vieille ville lentement, en m'adonnant au lèche vitrine: solde de dessous chics; j'entre pour voir; bof,cher et sans vraie originalité; de toute façon aujourd'hui je n'achèterai rien ou presque...Ah: j'ai repéré ce petit magasin de chaussures sympa; je vais voir,j'essaye bien une paire mais ça n'entre pas bien; je laisse tomber et je continue mon chemin en passant par les rues basses; je veux absolument voir les dessous sexy d'Agent Provocateur,alors je marche vers la rue Madeleine.
16h30: super ces dessous! Vendeuses avenantes et souriantes; ensembles très entreprenant,sexy en diable; on acheterai la boutique sans les prix assez dissuasifs; je réponds à la vendeuse qui m'invite à voir les articles du sous-sol que je passerai d'abord à la banque...et elle me sourit gracieuse. je reviendrai,c'est sur, l'argent en poche pour un shopping addict!
17h30: une halte s'impose au Flore; ma voisine soupe déja?: assiette de chèvre chaud; je commande mon traditionnel thé citron et je feuillète Edelweiss. Je me déchausse,car confidence,je me chausse en 40...qui n'est pas ma pointure réelle. Mes pieds sont en compote.
18h30: une halte à CetA et j'achète,incorrigible, un pantacourt, un top sans manche et un pantalon à rayures habillé,noir. Ca va: addition correcte. Bon allons à la fnac voir les nouveautés. Je flane aux livres et je flashe sur une biographie du marquis de Sade, des poésies de Victor Hugo et le dernier guide de Genève, 2009, en anglais. Ah! Au micro on annonce la fermeture de la Fnac; juste le temps de fouiner et de passer aux toilettes...limites celles-ci.
19h30: il est temps de rentrer; je marche longuement le long des vitrines; chaque quartier possède des enseignes typiques et des boutiques uniques me rappellant un peu certains quartiers de Paris; je prends tout mon temps heureuse: il fait presque nuit en ce début de mai; juste le temps d'admirer un magasin de chaussures de luxe déjà fermé: trop cher pour moi, tant mieux.
Et dix de der!: Genève! Zut: temps variable et je n'aime pas quand la bise se lève-vent connu autour du lac léman-De plus je ne trouve pas encore ce que je veux porter cet apres midi...Pourquoi ne pas revêtir ma vieille jupe en cuir noir hyper sexy; je trouve qu'elle se mariera très bien avec mon trench beige mi-long,au-dessus des cuisses, avec une paire de collant résille rosé; plus qu'à endosser un petit top crème moulant, légèrement jaune pâle, mes chaussures à talons marron et le tour est joué. Aujourd'hui j'applique un peu de sublime bronze sur mes bras et le décolleté: je suis vraiment trop pâlote pour marcher en ville.
16h30: je lambine un peu aujourd'hui pour me maquiller mais je m'applique comme toujours; crème de jour hydratante et liftante à laquelle j'ajoute une autre base liftante instantanée,très utile pour lisser toutes les impecfections du visage et du cou; enfin je peux appliquer le fond de teint et la poudre libre à laquelle j'ajoute sur les pomettes une poudre bronzante qui me donne bonne mine. Mascara et fard à paupières en quatre tons mes amies, crayon contour des lèvres et gloss pour sublimer mes petites lèvres:je suis prête.
17h15: bon,je ne ferai pas tout ce que je veux aujourd'hui; je visiterai une autre fois cette "librairie café", spécialisée dans les publicatrions gay, lesbiennes, transgenres, transexuel(le)s; oublié le musée Jean Jacque Rousseau dans la Grande rue; je me rabats sur les gourmandises et pas de Fnac non plus pour acheter le dernier Olivia Ruiz et le CD de Charle Winston dont on dit du bien;j'ai bien le temps de butiner.
17h30: humm! Cette chocolaterie est bien placé: je prends place en terrasse apres avoir commandé ma tartelette au citron meringuée avec un grand café et je finis de parcourie les articles d'Edelweiss; mon nouveau sac à main, plus grand que mon Guess, sans atteindre la taille d'un cabas, me rend bien service: j'y fourre mes papiers et tout le nécessaire de maquillage,une petite culotte de rechange, de la lecture...génial! Je crois que je fais mon petit effet sur le bord du trottoir, savourant ma tartellette au citron et lisant tendrement ma revue. J'avoue que ma mini jupe, qui frise la taille d'une micro jupe, cache bien mes fesses, mais sans plus; m'en fiche, les beaux jours sont propices aux essayages de tout poil.
18h00: encore ce fichu magasin Zara! Si ça continue je posséderai un article de toute leur games de vêtements...Tant mieux! J'achète une robe,un sac estival coloré et une combinaison short du plus bel effet; je progresse: seulement 150 francs de dépensé!
19h00: le magasin ne tardera plus à fermer; je passe devant Globus qui promotionne des t-shirt d'Afrique du Sud:on verra la prochaine fois car ils ferment boutique eux aussi! Vérifier en croisant les passants que mon look cause des ravages me fait plaisir: sifflotements, remarques de latinos en voiture:"Tu es belle chiquita!"...et ce petit jeune qui téléphone et vient me demander son chemin-menteur-lachant un charmant:"Vous êtes très belle". Si ils savaient ce qui ce cachent sous ma jupe...mais je savoure ma satisfaction et les remercie!
20h00: je prends l'ascenseur pour gagner mes toilettes favorites pour une envie pressante et me rafraîchir sous l'oeil d'un homme entre deux ages BCBG que je laisse au premier sous-sol;by,by! Que le temps passe vite dans les magasins!
Belote et rebelote...une soirée à Genève en fille: la ville s'anime le soir mais calmement,bien que les "poches" de délinquance existent comme partout; n'exagérons pas car genève reste un havre de tranquillité quand on ne traîne pas dans les quartiers connus pour les "trafics" .
23h00: c'est bien la nuit; inutile de redoubler ses efforts de camouflage; je suis quasiment maquillée,habillée, mis à part les chaussures et les cheveux et hop,en voiture; je suis seule ce soir mais peu importe; j'ai très envie de danser pour tester mes nouvelles chaussures à talons beiges qui se lancent sur le devant de la cheville;extra et sexy! peut être au XS dans la vieille ville? Zut! Question parckage auto c'est moins bien déjà...mais je n'aime pas trop la faune qui tourne autour des rampes de la vieille ville;dommage...
23h30: direction Carouge et ses maisons typiques;j'ai bien le temps de prendre un verre; rue ancienne, au "Qu'importe", la foule piaille, jeune en majorité;des filles seules ou en "couple" boivent au comptoir; on rit largement attablé, en groupe..."Un thé froid avec une rondelle de citron, s'il vous plait"; la fille à ma droite parle fort: elle a du boire plus qu'un verre; elle ne tient pas en place sur son tabouret. Je descends me refaire une petite beauté aux lavabos,bien éclairés et propres: rose sur les lèvres suivi du gloss au milieu des lèvres et le tour est joué; bel effet sexy "mouillé".
0h30: j'en jette quand même avec mon short Zara beige orangé,mes chaussures et ma chemise longue manche, genre "pirate",blanche, quasi tranparente, très bien pour laisser deviner la couleur de votre soutien gorge. je l'ai acheté dans l'après midi chez Anouk avec un petit t-shirt imprimé. Cool!
1h00: je ne vais pas tourner indéfiniment; boulevard helvétique,on danse chez "Francis"(2); la sono donne jusque sur le trottoir. Mon sac Guess à bout de bras, je me dirige vers le night club; le portier me demande d'atteindre un peu..."c'est plein" dit-il...mais le patron me repère et me prend par le bras pour entrer:"Merci". Sympa pour finir la soirée...heuuu...la matinée presque engagée quand je regarde ma montre.
Et une "splendide" apres midi à Lyon(5)!: je parle du temps estival, car j'apprécie beaucoup moins Lyon que Genève, en raison de la "faune" un peu provoc qui zone dans les rues commerçantes, fiere d'elle quand elle "débusque" un trav,voyons!...criant bien haut PD! Du chemin reste à parcourir pour ces crânes moyenageux...
12h45: J'ai rendez-vous avec une copine trans qui doit un peu me brancher toubib et m'expliquer la transition...les coming out...Nous nous rencontrons place des Terreaux: elle m'attend assise sur les marches de la mairie. On crève de chaud dans cette ville! On marche un peu en quête d'une brasserie pour grignoter.
13h15: "Les Arcades" c'est correct et pas excessif en prix-13 euros ttc le dîner-Je prends;ma copine se contente d'une salade; elle remet à sa place le serveur qui lui donne du "monsieur"...Good. Nous conversons autour de la transition en mangeant...Trouver un psy...sésame vers l'endocrino et les hormones...
14h15: on se dirige vers la Croix Rousse et l'on s'asseoit dans un petit square pour continuer notre conversation. Les gens jouent aux boules; les mères de famille promènent les petits; de temps à autre on nous regarde un peu...
15h50: déjà! Mon amie me quitte pour participer à une émission de radio. Elle me laisse son maïl et me convie à la Pride du 20 juin avec les LGBT; le thème en sera cette année la transition justement. Je vais essayer de les rejoindre et rencontrer d'autres "filles" trans.
16h15: je suis de nouveau seule; direction la fnac; ça grouille de monde dans les rues...Quelques regards hostiles...d'autres curieux...envie de drague parfois...je le sens...Des jeunes s'amusent et parlent fort pour signifier qu'ils pensent que "c'est un mec"...Plus loin...un peu plus agressif:"j'entends PD"? Jene cherche même pas à savoi si on parle de moi?!...M'en foux...de ces mecs "frontaux" issus du Moyen âge...gros boeuf...primates des citées.
17h15: je trouve trois bouquins sur le "genre" à la Fnac; la vendeuse n'avait rien compris quand je lui ai parlé de transsexualité...Elle m'a mené droit sur le thème homosexualité...ça en dit long sur les mentalités qui ne changeront pas de sitôt...
18h00: je regagne le parking Opéra un peu déprime apres toutes ces conversations autour de la transition...La décision n'appartient qu'à moi...j'ai bien compris...Je repense aux phrases de mon amie:"Tu sais c'est plutôt une descente sociale qu'une montée parce que la femme est méprisée et traitée comme de la merde dans nos sociétés". Encourageant...Ni homme...ni femme? Trans...Ce soir je me passerai un DVD acheté tout à l'heure....
(5)...je fréquentais souvent Lyon avant: le 17...bars...pistes...mais je ne supporte plus guère son atmosphère "macho dans la toute puissance" qui pense que la première meuf qui passe...il peut la "baiser" derrière une porte cochère...comme dans un film porno; ça me renvoie personellement au bouquin d'Elsa Dorlin "Sexe,genre et sexualités" et cette réplique célèbre de Jean gabin: "Quand on mettra les cons sur orbite t'as pas fini de tourner"(Le "Pacha" de G Lautner)...à vraiment méditer...tellement on en croise dans ces rues...et "j'émigre" donc ailleurs avec mes petits talons Zara. Dans mon "genre" mon "cul" m'appartient.
La fille devant la banque...
Quoi de mieux,pour kelly, pour bien se détendre, d'enfiler ses vêtements féminins préférés! Aussitôt dit aussitôt fait et direction le guichet banquaire le plus proche...
17h00: je suis en deux roues aujourd'hui et j'arbore mon nouveau look au crâne rasé; de rares filles osent...Je me gare sur le trottoir près de la BCG et je regarde si je ne fais pas tâche d'huile...quand une jeune femme m'interpelle éberluée comme je marchais vers le distributeur de liquide...Elle parle d'abord en anglais...Je n'ai pas vraiment entendu...mais vaguement compris qu'elle est emballée par mon look!...crâne rasé...mini-jupe de cuir noire...hauts talons...blouson de cuir Zara..."Wonderful!"...Elle continue en me demendant si je parle français...évidemment je parle français...nettement mieux que mon anglais...
17h10: nous entrons ensemble dans la banque qui dispose de trois distributeurs; elle continue à me complimenter sur la rareté de ce look...que j'ose...avec des jambes minces...je suis grande...quasiment la perfection...Elle semble complètement emballée! Elle aussi n'est pas mal: svelte,en robe légère d'été, cheveux longs...
17h15: je la remercie de tant d'éloges sur mon physique, renarcissisée et étonnée, car je pensais cet apres midi là que mon look "cuir osé" risquait de m'attirer plus de problèmes qu'autre chose!...Comme quoi...le passing reste incertain et très dépendant de l'état d'esprit dans lequel on se trouve.
17h20: nous nous disons aurevoir et je reprends mon scooter direction le canton de Vaud où je grignoterai quelque chose: le temps est estival. A hauteur de Nyon (souvenez-vous de vos Tintin...) un motard me lance: "Vous êtes fantastique!"...visiblement emballée par ce qu'il voit...J'ai omis de dire que les collants résille noirs apportait leur touche sexy...Mes chaussures à talon remontent mes jambes de chaque côté du scoot et je redescends souvent ma mini pour que l'on ne lorgne pas trop dessous...Effet boeuf je pense.
18h15: je m'arrête pour grignoter quelque chose à Morges, près du port de plaisance; on me regarde un peu: des têtes rasées ce n'est pas courant je l'admets. Par contre..."carton rouge" au chauffeur de taxi qui me suit sur plusieurs kilomètres en espérant quoi?...le coup facile dès qu'il voit une mini sur collant résille? Je profite d'un feu pour doubler par la droite et filer vers Genève de nouveau. Je préfère rester sur mon passing du jour et les hommages de la fille de la banque; je crois qu'elle était emballée par la femme qui marchait vers elle, svelte, chaloupée, sensuelle?...Je me suis demandée un instant si dans sa tête quelques fantasmes refoulés ne ressurgissaient pas subitement...désirs "lesbiens"?...allez savoir...une jeune femme "conquise"...
Soirée à 360:
19h00: toujours pas prête! Même pas sortie de chez moi!...et le groupe trans commence à 19h30! Je ne serai jamais à l'heure!
19h20: je "fignole"; fond de teint, poudre, mascara, crayon contour des yeux, rouge à lèvres...je ne laisse rien au hasard...Je veux paraître crédible devant les "filles" du groupe!
20h05: j'arrive enfin rue de la navigation, Genève; le groupe est constitué: les "anciennes" (opérées) parlent du protocole, des psys complètement arbitraires et "punitifs", des opérations en Suisse et en Thaïlande. Je m'asseoie et j'écoute...Putain! Ma voisine-nous souperons ensemble-pense comme moi: hors de question de se faire psychiatriser...surtout que le DSMIV et le CIM10 nous classe encore au sein des perversions, déviances,pédophilies,etc...Elle se procurera les hormones surement avec le net...comme plein de filles qui ne veulent pas tomber dans ces protocoles "bidons" autoproclamés...Deux trans parlent de leur parcours complet...trois opérations pour l'une d'elle!?...Zurich?...Parait qu'en Thaïlande on nous fait la totale en une fois,épil,poitrine,etc...Ca craint tout de même quand on tombe sur des "bouchers"!
20h30: on aborde l'épil au laser...méthodes...nombre de séances...douleur...
21h00: les petits gâteaux circulent comme les boissons; tout le monde n'est pas au même stade d'évolution; je suis contente d'entendre que certaines sont hormonées et d'autre pas...mariées ou avec des enfants...les cas sont très variés. Je ne suis ni hormonée,ni opérée.
21h30: je demande à ma voisine combien elle a fait de séances d'épilation au laser...
22h05: on se lève; il est déjà tard; j'apprends que ma voisine de chaise habite près de chez moi, dans la même commune...au bout de la rue principale. Elle envisage les hormones et une pose de prothese mammaires, mais pas de réassignation. Elle termine le lazer.
22h30: avec ma voisine nous décidons d'aller souper au pied de la vieille ville où j'ai mes habitudes; je prends une salade et elle une pizza. Nous prolongeons le débat sur les hormones et les prises par internet pour ne pas se faire psychiatriser: colère, nous pestons encore contre ce système dictatorial qui nous impose ses vues et un suivi psy de "folles".
Que fais-tu kelly? Je sors quotidiennement deux à trois heures par jour, les apres midi en ce moment comme le soleil donne et je m'adonne au shopping: je suis une addict,je sais, mais je n'achète pas une foule de fringues chaque jour, juste une bricole, tel ce jour, à la Coop (Genève), pour flaner dans les rayons,essayer des vêtements et constater réellement si cela me va devant le miroir, indispensable passage (rien ne remplace les essayages car le net est bien gentil mais réserve des surprises!...et le bien être, ou son contraire, se constate tout de suite quand l'habit est sur vous: alors une seule règle, aux cabines toutes!)
Marcher et "s'observer" de temps à autre au détour d'une grande vitrine permet d'embrasser la silhouette, recherchant de vraies glaces-on en trouve souvent dans les grandes villes-fait partie de mes exercice favoris: j'affine et ajuste mes pas comme le rythme(les filles font de plus petits pas que les mecs),le port de mon sac à main,je me tiens droite et j'observe en permanence...les autres filles!:ceux qu'elles portent(elles fonctionnent très souvent par mimétisme), le maintien en mouvement et à l'arrêt, le port du sac, disais-je,les conversations parfois,si elles me remarquent, me regardent ou n'ont pas fait attention; un bon signe quand personne ne vous remarque alors que les regards appuyés montreraient que "l'erreur" est sous-jacente! (foule d'infos croyez-moi...lisez plus haut les fautes de goût...mais peut être aussi que vous osez ce soupçon d'audace et qu'elles n'ont pas ce jour (je parle fréquemment d'autocensure...et j'imagine mal de pavaner en tailleur dans le 93 alors que ça passe très bien,par exemple dans les rues de Genève où vous croisez de splendides filles en talons BCBG qui roulent aussi en deux roues,scooter!)...attention ici: toute extravagance relève de l'erreur à moins d'entrer dans une catégorie de personnes et des tranches d'âge, comme les ados auxquelles on prête les mêmes "écarts"et essais de tenues diverses dus à leur tranche d'âge, les gothiques, les punks,etc...ou alors, l'extravagance se révèle payante quand l'harmonie de la silhouette repose sur des détails imparables par tous et s'observe dans des quartiers "adaptés"! et l'entreprise est de taille!...obligeant à faire concorder le make up, le moindre accessoire, la couleur des vêtement, la démarche adaptée!ouf pour moi...mais l'on croise toujours de belles silhouettes autour des grandes marques connues.
Prendre un verre(3) dans les mêmes lieux que les "autres" teste la voix inévitablement: quand "vous êtes dedans" le "port de la voix" ne cause aucun souci, en général je dis bien, mais des efforts de réajustement s'imposent en permanence. Un exemple de cafouillage comme je parlais récemment à une caissière et je fus immédiatement regardée "autrement", dans un grand magasin,sans méchanceté, mais automatiquement avec ce regard d'une société qui revient à ces régles impitoyables: ce n'est pas demain la veille que nous pourrons obtenir l'approbation de la société pour une passerelle pour les genres. Autre exemple, celui-ci encourageant, quand une jeune dame me demanda son chemin et que je lui répondis "naturellement" avant de partir,elle,très simplement et souriante de l'information obtenue. Encore flatteur, payant mes articles en grand magasin, quand le jeune vendeur me donna du bonjour madame à la caisse et "aurevoir, merci": il avait pu m'observer un bon moment puisque j'entrais et je sortais de ma cabine d'essayage pour aller me regarder dans la grande glace, de plein pied,exercice que j'affectionne avant d'acheter...et en plus je prends mon pied. Et cette dame a qui je demandai l'emplacement du chateau de Voltaire (son dernier domicile se visite et je me balade fréquemment en fille) me répondit gentiment avec politesse, en "égale", sublime récompense et satisfaction du travail de transformation accompli...
Et pourquoi tous les jours?
Comme j'alterne "mec et fille" quotidiennement, ma fréquence des transformations me permet,sans négligence, d'apréhender maintenant plus rapidement et avec aisance mes "passages" simultanés: l'empirisme accélère mes séances de maquillage,par exemple, car je gagne du temps et les rencontres dans différents lieux me permettent de m'adapter à celles que j'observe dans la rue:les femmes assurément. Je me maquille en ville très vite si besoin, en déplacement et je me démaquille idem; j'adopte une silhouette urbaine passe partout, celle que l'on rencontre fréquemment; je corrige à chaque fois mes erreurs;
ne pas se transformer fréquemment conduit à "perdre la main": la mode et les images changent en permanence (je ne dis pas qu'il faut changer tout le temps car une fois son look trouvé on peut s'y cantonner) Se tranformer chaque jour permet de perfectionner sa marche sur talons hauts (j'avoue me comporter avec aisance sur 8 à 10 centimètres dorénavant,exercice pas si simple quand on regarde les filles! C'est pas mieux croyez moi!) Marcher et marcher s'apparente au basique comme d'essayer des fringues à tout va,si! Pas obligé d'acheter tout le temps, mais endosser,sentir les différentes matières,regarder les couleurs et les assemblages (tous les magasins dignes de ce nom en concocte),essayer plusieurs tailles; les chaussures: pareil! on essaye avec des tenues adaptées. Quid du maquillage: l'idéal est de parler avec les vendeuses spécialisées, premières conseillières avisées et ça fonctionne.(on s'en fiche d'ailleurs du moment,en mec ou en fille, que vous achetez le produit, mais certaines vous entraînent en cabine tester le produit; cette aventure m'est arrivé...en mec...comme je rachetais mon fond de teint et cherchant une base liftante; merci mademoiselle,très compréhensive) En somme rien ne remplace cette expérience indispensable pour avancer personnellement et ressentir une satisfaction quand même à la base de l'ego transgenre.
(1) Mes plans persos, soft et "hot", soit je les prépare à l'avance, pas franchement calculatrice, mais prévenante quand je découvre de nouveaux lieux et de nouveaux gens, prudente et consciente, car pesiste un gouffre à franchir avant d'accéder à la "tolérance"(les érudites et branchées actualités internationales savent que vient d'avoir lieu, en avril, à Genève une conférence sur le racisme, DurbanII, "suite" de DurbanI, entachée par les provocs du président iranien, envolées de toute puissance...s'en prenant à son "ennemi héréditaire"; au-delà, et je relaie la presse ici, je cite un grand quotidien genevois:"Femmes et homosexuels sont les grands perdants". Inutile de revenir sur le mister qui se prend pour Dieu peut être...? Allez savoir: quoi qu'il en soit les transgenres,n'en doutons pas, font peut être partie au sein de certains mentals, des "déclassés", des sous-êtres, sous-hommes et femmes,etc...m'ordonnant la prudence comme régle numéro une de mes choix et fréquentations de lieux nocturnes...car les dérapages existent bien: altercation ce mois-ci entre un groupe de jeunes et plusieurs "travestis" en ville d'Annecy, ce qui fit l'objet d'un article en pages locales)
Sortie de nuit: J'ai d'abord découvert le 17 toute seule, comme une grande, la patronne me demandant rapidement de poser pour des photos afin de promouvoir les lieux, mais j'étais trop timide et réservée; puis, j'aime Lyon, ses quais, où je pose mes talons (effet garanti en mini jupe), ses nuits animées, chaudes, voire parfois "tendues" dans quelques quartiers...mais Lyon vit et le fait savoir avec sa population étudiante, Lyon est coquine avec ses clubs échangistes au mètre carré, bien connu d'ailleurs.Et le 17 (je le fréquente moins maintenant) est grand, un club qui permet de danser à l'aise comme de rencontrer des gens sur place. J'avais "observé", la première fois, une bonne partie de la soirée, avant de rencontrer une charmante femme,la quarantaine passée,accompagné de son homme (?),me complimentant sur mon look de "nouvelle fille" et la qualité de mon maquillage ce soir-là: j'ai dansé pour elle-comme elle me l'avait demandé- sur la piste du sous-sol (plus vaste qu'au rez) et j'ai vite compris qu'elle apréciait les "créatures" comme moi, mi femme, mi homme, avec quelque chose d'actif entre les jambes et une apparence totalement féminine "dehors" (homosexualité refoulée?). Nous prîmes la direction d'une cabine à la lumière tamisée,suivi de son homme, lieu où je les regardai d'abord se donner du plaisir mutuellement-lui, la pénétrant généreusement-puis je ne fus par surpris quand son homme engouffra ma verge dans sa bouche, excellente préparation à des amusements avancés avec madame...que je pris ensuite, protégé bien sur; je la chevauchai en missionnaire pendant qu'il me caressai les fesses, le corps, les seins, les parties intimes...Charmant souvenir.
Un lieu se découvre, s'apprivoise: on finit par croiser des têtes déjà vues, mais la première fois, pour moi, se résume souvent à un round d'observation. Au 17, c'était soirée gang bang, mais j'étais venue en fille, sans vouloir participer obligatoirement, connaissant la fréquentation hétérosexuelle majoritaire de ce type d'établissement...et j'observais depuis un moment cette fille accompagné de son mec qui la dirigea vers le grand matelas du fond du club où trois autres gars s'occupèrent d'elle consciensieusement...avant de l'installer sur une sorte de table "gynéco" où ils recommencèrent à la besogner tous ensemble, la pénétrant en alternance, elle, leur administrant de langoureuses fellations en experte.C'est bien à ce moment-là qu'un monsieur courtois me demanda si il pouvait "jouer" avec moi en cabine...La cinquantaine, asiatique,poli,nous allâmes nous isoler et je m'occupai de son outil: ce n'était pas un apollon mais je le conduisis au septième ciel; il me paya un verre et me raccompagna,gentil, au parking près de la place des Terreaux où restait mon auto. Depuis je bouge et je change de lieux; je sors moins en boîte,peut être, plus "branchée" sur mon look et le shopping een général-je me soigne je l'avoue-lisez Maquillage et épilation et Fashion shopping peut être...et ces clubs qui se concurencent m'attirent moins; je garde perso "mes plans gang" aux endroits connus seuls d

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